Petite parole et grandes convictions
L’information est notre jumeau journalier. Qu’elle soit écrite, audio ou audiovisuelle, elle accompagne nos sauts et nos déclinaisons. Elle a cette prétention inavouée de gouverner notre vision du monde ; de la plus immédiate à la plus lointaine. Qui peut s’en passer ? Qui peut prétendre à la surdité de cette voix off – consciente ou inconsciente – qui souffle à nos comportements leurs ambitions.
Aujourd’hui plus que jamais le « mot » est POUVOIR. Une sorte d’hégémonie admise que nous sommes de plus en plus nombreux à nous disputer l’authenticité. De ceux qui président à nos destins à ceux qui émargent aux lisières de nos réussites sociétales. Parler vrai est le propre de tous ceux qui rajoutent une note au bémol collectif.
Les prétentions du Scribouillard International ont la modestie de leur sincérité. Nous sommes une apostrophe qui ose. Aussi, osons une outrance : le journalisme impartial est une imposture. Voilà qui devrait nous révéler un petit peu. Assurément objectif. Certainement pas neutre. Car feindre la neutralité face à l’événement, c’est abjurer l’individu pensant que l’acte journalistique brigue. La vie est partie pris. Nous ne regrettons pas cette affirmation. Nous la revendiquons même. Désacraliser la parole journalistique est la meilleure façon de la servir, de la situer dans son contexte, de la livrer à la lecture dans toute sa nudité ; donc dans toute sa vérité.
L’actualité n’est pas un fait contingent. Encore moins une manifestation étrangère à nos appréhensions ou à nos certitudes. Elle opère une coupe transversale dans un monde complexe. S’obstiner à lui reconnaître une virginité qu’elle n’a pas n’est rien moins qu’une tromperie. Le regard que chacun de nous porte sur le monde ayant perdu son innocence, nous n’avons dès lors, plus que la candeur de nos équités. Notre univers n’est pas celui des impartialités ronronnantes. Il est plus périlleux. Il voudrait pouvoir divulguer, au risque de se tromper, le juste et l’injuste. Le certain et le probable.
Comment dans ce contexte s’approprier la parole sans être frappé du sceau du discrédit ? Nous reconnaissons aux faits une intelligence. Nous nous efforçons de la dire sans la trahir. Ainsi est notre devise. Sans compromis.
Raouf BOUTBIBA
Good post.
Rédigé par: Lexine | avril 23, 2009 à 04:14 AM