Critique légitime contre racisme ordinaire
Commençons par une question de principe : Tout est-il critiquable ? La réponse tient en un mot : OUI. Nous tenons cette affirmation pour non négociable car seule garante du libre arbitre de chacun. Nous lui conférerons – n’ayons pas peur des mots – le statut de valeur supérieure. Mais si l’affirmation tient de l’évidence, pourquoi éprouver le besoin d’introduire, aussi certainement, une réflexion sur la liberté d’expression ?
L’évidence inquiète, fluctue, autant dans les discours que les faits. Les systèmes politiques les plus ouverts n’imposent-ils pas des balises à un principe, théoriquement, affranchi des pesanteurs de la raison sociale, de ses interdits.
Penser la liberté, l’actualiser, c’est incommoder l’interdit. Pourtant, la diffamation comme l’injure – termes juridiquement recevables – nous rappellent à l’ordre.
Ainsi, la liberté de dire, nous confronte à une contradiction fondamentale. Une sorte de droit opposable. Le droit d’Exposé, comprendre par là exprimer librement son opinion, opposé à un droit d’inventaire positif ou négatif. Les procès pour diffamation, injure ou autre font florès, nous condamnant à une vigilance de tous les instants. Or, l’acte libre transcende la norme, la côtoie sans réelle intimité. Il en va de même de toute pensée inscrite dans la dynamique sociale. La parole libre s’invente, force nos appréhensions et nos certitudes, nous contraint à cet effort qui nous fait individu singulier et acteur social. Penser librement, c’est penser la liberté.
Voilà qui ne devrait froisser que les susceptibilités totalitaires même si un survol rapide des événements « majeurs » de ces dernières années dresse le portrait d’un monde de plus en plus sceptique. Plus enclin à interdire qu’à composer, plus prompte à guerroyer qu’à pacifier. Paradoxe coquin d’un monde où il n’a jamais été autant question de liberté. Entre les bons et les mauvais, les bons oracles et les oiseaux de mauvais augure se joue l’acte premier – ou final – nous ne saurions le dire, d’un présent à rafraîchir et d’un futur à inventer.
Des grands séismes, comme des petites secousses politico-sociales de ce passé si proche et si actuel, nous n’en retiendrons qu’un. Un fait poly-événementiel : l’islamophobie. Appellation, fourre-tout, qui a squatté écrans de télévision et colonnes de journaux. Plusieurs événements ont contribué à ce faux succès. La guerre en Irak, les attentats de Madrid et de Londres, l’agression israélienne contre le Liban, etc. sont, entre autres épisodes tristes, les ingrédients d’un malaise grandissant.
A la faveur d’une actualité malheureuse, des spécialistes de l’islam et de l’islamisme ont éclos abreuvant l’opinion de leurs certitudes. Des plus optimistes au plus pessimistes. Des plus raisonnables au plus alarmistes.
Notre but n’est pas de lister ces points de tensions. Il s’agit plutôt, dans l’opacité générale, de distinguer ce qui appartient à la sphère critique de ce qui la déserte. Notre « quiétude » hexagonale n’a-t-elle pas été éprouvée à maintes reprises ?
La publication par un journal danois de caricatures du prophète de l’islam et leur reprise commentée par Charlie Hebdo au côté de la tribune de Robert Redeker, parue dans le Figaro du 19 septembre 2006, nous paraissent symptomatiques, autant de ce malaise que des frontières qu’il dresse entre les individus. Et pour cause: à chaque fois, la liberté d’expression fut, tour à tour, la doctrine du vainqueur glorieux et l’offense du vaincu humilié.
Pour ceux qui firent le choix de les publier, les caricatures incarnent un droit à la représentation inaliénable et, tant pis, si dans le lot, sourd une incongruité. Le dessin « (…) représentant Mahomet avec une bombe dans le turban, (…) est suffisamment faible pour être interprété n’importe comment par n’importe qui, et le crime est dans l’œil de celui qui regarde le dessin. Ce qu’il représente, ce n’est pas l’islam, mais la vision de l’islam et du prophète que s’en font les groupes terroristes musulmans. Ils prétendent que le prophète leur inspire des meurtres et des attentats. C’est leur propre vision du prophète qu’ils ne veulent pas voir représenter. Sauf à oublier les attentats de New York, Londres, Madrid et les prises d’otages, la représentation de cette vision djihadiste du prophète est légitime. » (1)
Propos raisonnable, s’il ne péchait par endroits. Ce qui nous gêne ce n’est pas tant la ligne du dessin que ce qu’elle écrit. L’auteur de ces lignes fonde sa réflexion sur un droit à l’image (de Mahomet cela s’entend) non reconnu dans l’islam (*) et auquel le non musulman n’a aucune obligation de se soumettre. Oserions-nous prétendre le contraire ?
Quand, dans une société majoritairement chrétienne, Jésus comme l’église sont brocardés ou écorchés avec causticité, exempter les autres religions ou croyances nous paraît injustifié et, pour ainsi dire, peu défendable. Refuser de s’incliner devant un dogme religieux, quel qu’il soit, appartient à une tradition intellectuelle libertaire (universelle) dans laquelle nous nous reconnaissons. Le malaise est enfanté par un contexte où il devient de plus en plus difficile d’invalider cette suspicion de mépris à l’égard de tout ce qui est musulman. « Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels. »(2)
La manipulation des symboles est quelque chose de délicat et exige un minimum de prudence. Une prudence, souvent, absente du débat. Ce qui, de notre point de vue, est condamnable dans cette caricature n’est pas la représentation au sens strict mais le message qu’elle véhicule. A ceux, dont la position voulait s’affranchir d’une quelconque animosité envers l’ensemble des musulmans, en affirmant haut et fort une condamnation sans appel de fanatiques fous furieux, nous rappelons un aphorisme élémentaire. Les musulmans ne sont, certes, pas un bloc monolithique mais l’inscription sur la bombe (**) est la base de toute la foi musulmane, donc le fondement spirituel de tout musulman sur terre et ce quel que soit son bord. La poser sur un objet de mort en fait l’acte d’accusation non plus d’un groupe marginal mais de toute une communauté. Ne pas le voir nous semble dédaigneux de la douleur que celle-ci peut ressentir.
Le fait que l’écrasante majorité resta silencieuse n’enlève rien au traumatisme. La faiblesse du dessin est dans l’œil de celui qui ignore ou feint d’ignorer la dimension de cette devise fondamentale.
Quand Philippe Val professe, sur un plateau de télévision, l’absolue liberté de dire, tout en distribuant les bons et les mauvais points, la violence du réquisitoire contre les ennemis de la liberté d’expression s’affaisse par endroits. Interpellé par l’une des invités d’ARTE, sur le cas Dieudonné il eut cette réponse tranchée : « Il a assimilé le bourreau à la victime, ce qui est inacceptable ». Et assimiler le délire d’un groupe à la quiétude d’une communauté ?
La déficience du raisonnement est là. Supposer l’exception désavoue, voir annule, le postulat de départ. L’absolu, d’une liberté à actualiser en permanence. Nous affirmons, pour notre part, que la douleur est une et ne saurait s’accommoder d’une quelconque hiérarchie. Un rescapé des camps de la mort violé dans sa mémoire, un musulman offensé dans sa foi, … appellent une seule et même indignation si l’indignation a droit de citer au chapitre. Nous revendiquons l’appartenance à une communauté unique : l’Humanité. Nous ne croyons pas à une liberté circonscrite même au nom d’une cause juste ou noble. La censure « utile » au nom de la vérité nous n’y croyons pas.
Les lois mémorielles sont en cela une négation de cette totale liberté d’expression si chèrement « acquise ». Elles sont une sentence complètement improductive. La surprotection de la parole de la victime la décrédibilise cependant qu’elle conforte le négationniste dans sa conviction. Pire, est le risque de l’apparenter à une violence.
Au flou qui embaume, parfois, le licite et l’illicite nous préférons l’intelligence des faits. Nous défendons l’échange ; le respect, non comme une interdiction d’interroger la croyance, mais comme la revendication d’une vérité relative quand certains sonnent le tocsin. « Je tiens le principe de respect pour une saloperie … entre Mahomet et Robert Redeker, je choisis Redeker. » (3)
Cette agressivité nous paraît, à peu de choses près, comparable à celle qu’elle assure combattre. C’est pourquoi nous regardons avec plus d’inquiétude encore la réaction hystérique que suscitèrent les caricatures de Mahomet dans une partie du monde musulman. Elle est le produit non seulement d’un contexte politique mais d’une déraison accumulée depuis la chute de Grenade. Le démantèlement de l’empire Ottoman – avec sa suite de défaites pour le monde musulman en général et arabe en particulier – a produit des sociétés tapies dans leurs certitudes à force d’agression externes. La faillite des nationalismes arabes et l’illégitimité des pouvoirs en place ont crée de nouvelles victimes. Celles de gouvernants autistes et d’un occident arrogant et suffisant. L’actualité est le ferment de cet impression sur laquelle a su, si bien, se greffer l’islamisme.
Le paradoxe n’en est que plus kafkaïen. Des sociétés où le désir de liberté se laisse broyer par une idéologie liberticide. Nous ne pensons pas trahir un grand secret en évoquant cette complexité. Le monde musulman est, aujourd’hui plus que jamais, dans l’obligation de s’accommoder de la différence, d’apprivoiser la contradiction qui germe en son sein pour mieux affronter celle qui habite le monde. « Etre musulman, c’est croire que le Coran dit la vérité. Or le Coran se porte garant de la vérité de la méthode démonstrative, même s’il n’en fait pas usage, puisque tout le monde n’a pas les moyens intellectuels nécessaires pour suivre le raisonnement démonstratif. Dénier le droit d’exister à la philosophie, c’est démentir le Coran, et donc n’être pas musulman. Autre conséquence capitale : toute contradiction entre la parole coranique et ce que conclut le savant ne peut, dès lors, être qu’apparente, liée à la disparité des moyens utilisés par l’un et par l’autre pour signifier un seul et même réel. » (4) Ce principe, devrait gagner les débats de la rue arabe et musulmane, habiter les préoccupations de ceux qui prétendent défendre les valeurs d’un islam, aujourd’hui, outragé pour répondre avec raison et justesse à l’offense supposée. Une révolution de l’esprit, nettement, plus efficace que toutes les menaces ou drapeaux brûlés. Nous savons qu’il existe. Toute la question est de savoir comment le sortir de sa confidentialité pour l’inscrire au cœur d’un nouveau processus historique. L’Algérie reste l’exemple le plus accompli de la vigueur et de la difficulté de ce débat.
Les contingences politiques nous offrent la cartographie d’un monde en confrontation permanente, nous sommant de choisir notre camp. L’affaire Redeker est révélatrice de cette dichotomie à la fois simpliste et dangereuse. Cette confusion nous la refusons parce qu’elle n’introduit aucune nuance, fonctionne sur un a priori négatif.
Pendant que les uns criaient leur haine face à « l’injure » d’autres soutenaient sans réserve une « opinion » librement exprimée. Mieux, une critique légitime. Or toute la question est là. Pouvons-nous considérer ses propos comme critiques ? La condamnation ferme et la réserve raisonnée ne sont pas incompatibles. Elles introduisent un ton absent du débat : le doute. A savoir tout ce qui fonde une réflexion sérieuse. La liberté de dire doit s’accommoder de la liberté de contredire sans que l’opprobre général ne s’abatte sur ceux qui ont choisi de ne pas chanter en chœur.
Qu’on ne se méprenne pas sur ce que nous essayons de dire. Il ne s’agit pas de trouver une quelconque justification ou excuse aux menaces subies par Redeker ; il n’y a là, rien à plaider, mais de porter la réflexion sur le sens de son propos et de ses ramifications.
Parce que, nous ne croyons ni à l’innocence des mots ni à leur naïveté, nous jugeons son texte périlleux. Il est le sein nourricier d’un nouveau racisme, une sorte d’outrage ordinaire et admis puisqu’il s’invente dans et au nom de la liberté d’expression. Il ne suppose, ni n’envisage l’indignation, bien au contraire. Il exige une assistance de tous les instants. « Dans l’ouverture à autrui propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. A l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadences (…) Aucune des fautes de l’Eglise ne plonge ses racines dans l’Evangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour. Mahomet un maître de haine. » (5)
La critique convoque des outils de compréhension, détaille les faits, les confronte, les structure, leur donne une lisibilité expurgée des subjectivismes béats et des sensibleries niaises. Il nous désole de ne rien trouver d’approchant dans cet extrait. A rebours des prétentions critiques de l’auteur, l’énonciation relève, plus du monologue d’outrages, que de la dialectique des données. L’insulte cultive l’anathème, érige la fausseté en verbe salutaire. Une impudence, hélas, palpable.
Cette propension à l’invective est, loin d’être exceptionnelle. Nombre d’intellectuels et de politiques médiatiques s’y prêtent. « La religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré … effondré. La Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire … ce qui peut excuser beaucoup de choses (…) L’islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. » (6)
De quelle grille de lecture peuvent se prévaloir des jugements aussi péremptoires ? Une telle méconnaissance de l’histoire nous pousse à quelques corrections. L’honnêteté intellectuelle nous invite à énoncer quelques vérités, qu’un minimum de sérieux dans la recherche, aurait révélées. « Toute contradiction apparente, liée à la formulation des énoncés coraniques, peut donc être levée : c’est l’interprétation allégorique, le ta’wil. Celui-ci n’est pas arbitraire dans la mesure où le Texte signale, en filigrane, la possibilité de sa propre interprétation. » (7)
Sur un plan, strictement, théologique l’islam est, probablement, la seule religion qui soumet le droit divin à l’épreuve de la réalité à travers deux concepts centraux : l’Ijtihad (la jurisprudence) et Al-qias (l’analogie). Ce sont là deux notions qui contredisent toute conception figée du texte coranique. Quand à y adhérer ou pas, il appartient à chacun de se déterminer. N’est-ce pas ce que l’on appelle la liberté de conscience ?
Par ailleurs, cette culture barbare, laisse-t-on entendre, a quand même laissé quelques-uns des noms les plus illustres de la pensée universelle. Avicenne, Al-Razzi, Averroès, Al-qindi, etc. Nous rappellerons, entre autres exemples, qu’Auguste Comte et Daniel De Foe avaient été précédés, à quelques siècles de différence, d’Ibn Khaldoun et d’Ibn Tufayl. Que quand Bagdad comptait un million d’habitants les villes les plus peuplées d’Europe ne comptaient que quelques milliers, que sans la Maison de la Sagesse l’héritage philosophique grecque aurait probablement disparu, que l’empire arabo-musulman est – fait jusque-là sans précédent – le seul qui au faîte de sa puissance intégra toutes les communautés qui les composaient, qui n’eut à imposer aucune conversion, que des chrétiens et des juifs étaient conseillers au plus haut de l’administration califale, etc.
Petits exergues pour corriger autant d’apocryphes.
Le regard ethnocentrique de Redeker et de bien d’autres est, doublement, dangereux. Il installe l’autre dans sa différence pour en faire non, un vis-à-vis signifiant mais un contresens dangereux. Un adversaire sans la valeur vérité. Il réclame une authenticité supérieure de laquelle l’autre, le non-occidental est, non seulement, exclu mais fonctionne comme une négation de la vérité énoncée. Le racisme ne se contente pas du statut mineur de l’autre, l’infériorise constamment, le profile comme une menace pour soi. Le pas est, alors, vite franchi. De la différence admise nous passons à l’opposition, de l’opposition nous arrivons à la négation de la vérité de l’autre.
L’appartenance à une communauté n’est pas une prison sans fenêtres. C’est l’expression différenciée d’un même référent socioculturel. Considérer les contradictions occidentales, comme le moteur d’une dynamique sociale pendant que celles du monde arabo-musulman, ne seraient que des spasmes insignifiants n’est rien moins que du racisme. Dès lors qu’on édicte la vivacité intrinsèque d’une culture par rapport à la léthargie ou la sclérose d’une autre, nous entendons la supériorité d’une communauté par rapport à une autre. Le mot race n’est pas si loin de nous, faut-il le rappeler. L’esclavage, le colonialisme, hier, les lumières du savoir et de la tolérance aujourd’hui.
Albert Memmi disait : « La culture, c’est l’ensemble des réponses dynamiques et plus ou moins adaptées d’un peuple à sa condition. » Aucune société humaine n’a, à ce jour, échappé à cette règle évolutive. Nous la citons, parce que nous préférons voir dans le trouble présent l’espoir futur. L’islam dans la république, la foi face au droit, la laïcité et la pratique religieuse, la frontière entre le divin et le profane, etc., sont autant de questions qui nous interpellent. Tout le monde devrait y contribuer.
La critique est raison permanente. « Pour le philosophe, il est nécessaire d’interpréter, c’est pour lui une obligation légale, puisque sa connaissance lui a déjà montré que la formulation littérale du Texte révélé n’était pas elle-même le vrai, mais une représentation imagée du vrai. » (8)
La république a ceci de particulier qu’elle croit en chacun de ses membres, la laïcité garantie leur droit à la différence. Tâchons de ne pas l’oublier.
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Cet article a été publié dans S&F - Savoirs et Fromation N62
(*) Dans la religion musulmane, la représentation du prophète n’est pas admise pour les sunnites (majoritaires) mais l’est pour les chiites. Ce qui n’implique pas un droit à la caricature.
(**) L’inscription est la suivante : « Il n’y a de dieu que Dieu et Mahomet et son prophète. » (1) Editorial de Philippe Val parue dans Charlie Hebdo n° 712.
(2) Pierre-André Taguieff, France Inter, 1997.
(3) Guy Konopnichi dans Marianne du 07 octobre 2006
(4) (7) (8) Averroès, L’Islam et la raison, Ed GF Flammarion
(5) Robert Redeker dans une tribune titrée, « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ». Le Figaro du 19 septembre 2006
(6) Michel Houellbecq dans une interview accordée au magazine Lire en 2001
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